Kingmaker

Progression des explorations dans les Terres Volees.

Les rumeurs ont toujours laissé croire que les Terres Volees étaient d’un danger mortel pour ceux qui ne se préparaient pas. Je pense que, la chose la plus ironique que j’ai fini par comprendre avec ma petite expérience en ces lieux, c’est que même lorsque nous croyons être complètement prêts à faire face à tous les défis qui nous sont envoyés, on se fait facilement remettre à sa place par la Dame Grise.

Je dirais même que le début de cette nouvelle nuit a été un excellent rappel de notre mortalité. Je me suis souvent dit qu’il fallait parfois porter une oreille plus attentive aux racontars, des natifs de la région, parce que derrière toutes légendes se cache un brin de vérité. Et voilà que nous avons affaire à cet * œil du mort *, légende qui disait que si une personne le voit, c’est un signe très rapide de sa fin. Et comme de fait, le cri qui devait sonner le trépas de ce pauvre fou de voyageur solitaire me confirma que j’avais bien fait de ne pas discréditer ces deux trappeurs. La réaction de mes camarades fut légèrement surprenante par contre, prêt à s’éloigner de la flamme, et de risquer leur vie stupidement pour satisfaire leur curiosité. Enfin, je généralise peut-être, la Surtova n’en avait que faire (encore une fois, aucune surprise ici) et, bien malgré moi, je suppose que c’est cette réticence commune qui a permis de garder les deux autres héros du jour en laisse. Étrange réaction, sachant qu’à peine quelques heures plus tôt, on a failli se faire tous tuer pour cette stupide idée que j’ai eue de faire confiance a un brigand de la région. Apparemment, c’est ce que les sages en Kyonin disaient concernant les humains : un peuple qui n’a certainement pas l’habitude de s’apitoyer sur son sort. Bref, ce qui ne les tuent pas les rends plus fort… à défaut de ne pas les rendre plus intelligent.

Allons, je m’égare, je ne peux me permettre de généraliser, surtout en voyant ces… mastodontes qui me servent de partenaire de voyage, mis à part la Surtova, bien entendu. Quoi qu’il en soit, nuit froide, pénible, mais ça ne sert à rien de le montrer. Chacun doit bien vivre son mal à sa propre manière et ces mieux ainsi. Au matin, mes compagnons trouvent le temps d’aller voir dans la direction de l’endroit où était venu ce bruit. Leur découverte n’eut pas l’air de les choquer vraiment, ce qui fait que je n’ai guère eu besoin de m’enquérir de leur découverte. J’avais l’esprit qui me tracassait bien trop sur la suite des événements.

J’aimerais dire que la semaine et demie d’aller-retour entre le poste de traite et nos explorations était des plus basiques et ennuyeuse, mais je dois admettre que quelques petits détails me poussent à insister sur lesdits sujets. Les Terres Volées ne semblent pas seulement être un rassemblement de merde que l’on doit épuré. L’endroit possède un gisement d’or qui, selon l’expertise de Svalk, pourrait être une véritable base pour une opération minière de grande envergure. Bien, imaginez la tête que feraient toutes ses plaies d’humanité qui rodent dans leurs camps immondes s’ils savaient ça? Fort heureusement, je n’ai guère l’intention de leur laisser le temps de le savoir.

Le reste de l’exploration nous initia à un magnifique arachnide des neiges (eh oui, ça existe!) et, qui plus est, semble adorer chasser la chair humaine ou intelligente. Hmm, je devrais peut-être voir ma tournure de phrase ici, des histoires pour qu’un de mes camarades trop curieux commence à croire que je les prends tous pour des imbéciles. Enfin, le danger fut vite abattu et, étrange surprise, mes collègues mirent la main sur ce qui semblait être une classique carte au trésor. Et, le hasard faisait bien les choses, voila que le jour suivant nous mettons la main sur ledit paquet. Qu’elle ne fut pas mon bonheur d’apprendre qu’il s’agissait des restes d’un livre de sortilèges et quelques outils qui appartenaient manifestement à un magicien! Quelque chose me dit que c’était exactement ce qu’il fallait pour que je puisse enfin parfaire les bases de mon art. Et mieux encore, aucune objection, ils m’ont laissé me servir. Je leur rendrai peut-être un de ces jours… nous verrons bien en temps et lieux.

Nous dûmes retourner par la suite vers le poste de traite, suite aux avertissements de mes collègues concernant la température. Et bien, Chere Dame, je me permets de vous dire que je ne croyais pas que le climat en ces lieux pouvait devenir aussi proche d’un enfer. Un vent à en faire décoller les catapultes du poste de traite! Et nous sommes sensés construire quelques choses ici? Ça complique un peu plus les choses… Le lendemain, après nous être assuré que tout le nécessaire était en ordre, nous repartîmes explorer les terres environnantes, le travail de cartographe et d’explorateur se voulant sans embuche pour les jours suivants. À mon grand bonheur. À moins que ces événements aillent eu lui dans un tout autre ordre? Je ne suis plus certain, le temps passe si vite que je me fourvoie facilement.

Quoi qu’il en soit, durant notre plus récent passage, on dirait que nos langues se sont enfin déliées peu à peu. Soyons honnêtes, moi et mes collègues n’avons clairement rien en commun mis à part notre fâcheuse tendance à se regarder comme des pièces de mobilier. Utile, lorsque le moment se présente, mais clairement aucun désir d’aller plus loin, que ce soit par méfiance des uns (avec raison dans le cas de la Surtova et de la Rogarvia, connaissant les histoires de leur lignée) ou pour un simple manque… d’élément… stimulant à partager? Non, encore une fois, c’est le mauvais mot. Conflit d’intérêts? Non, plutôt l’inverse, aucun conflit d’intérêts puisque mis à part notre travail, nous en avons guère.

Du moins, c’est ce que je croyais. Il s’est avéré que certains détails, m’ayant échapper, ont éclairer ma lanterne pour l’avenir prochain. Ce Kesten s’avère, bonne nouvelle pour fois, beaucoup plus brillant sur bien des niveaux. Non seulement il ne semble pas ignorant des ressources que ces terres cachent, mais il est clairement un potentiel candidat lorsque viendra le temps nécessaire d’avoir un conseiller à ce niveau-là… bien entendu, lorsque notre projet se mettra à terme. Si enfin il peut mettre un terme sur son passé. Toujours un handicap, ça. Seul bémol dans la situation, ma tentative d’approche en usant Christina Surtova se solda par un échec… mais une réussite sur un autre point. Pour une quelconque raison, Gaelle * Ironfist * Rogarvia a réussi à soutirer ce que les… attributs de l’autre humaine ne pouvaient guère faire. Très étrange, mais intrigant. On dit que tous les gouts sont dans la nature. Mais bon, je suppose que ce n’est qu’une relation élève et mentor. Quel ennui!

Nous avons eu l’occasion de revoir les trappeurs, ainsi qu’Oleg et sa femme, charmant citoyen il va sans dire… Quoique peut-être un peu trop superstitieux (quelle bonne blague, Nenug Bloodspitter? Vraiment?) pour leur bien. Mais bon, si ça fait leur bonheur, ça me va… ça me va tellement qu’on a pu leur soutirer un pari qui nous avantage beaucoup plus que j’aurais voulu le croire. Pourtant, ce pari m’appris quelques choses : c’est à croire que je peux facilement faire gober à tous le monde qu’un jour, les Terres Volées deviendront une nation grandiose. Non pas que ce ne soit pas mes intentions, bien au contraire, mais dois-je en conclure que c’est un réel désir de la bonne base de la population? C’est à travailler.

Le reste de la soirée fut un peu plus animé de conversation, particulièrement ma charmante découverte que mon étude de la langue de Varisie s’est avérée utile… pour une conversation inattendue, mais rafraichissante. Le vieux Ulfen n’aurait apparemment jamais touché à une femme de sa vie! Et il se retient en ce moment? Je ne saurais dire, il ne faisait pas vraiment de sens, mis à part que pour lui, c’est presque un sujet de recherche. Par contre, voilà la deuxième personne qui semble trouver Gaelle attirante. Est-ce que c’est moi ou je ne vois aucunement ce qu’il y a d’attirant dans une femme avec des bras plus gros qu’un demi-orque? Il en manque tant, la grâce, la culture, le savoir-vivre (bon OK, elle s’avère respectueuse du moins…), un sens de l’humour à faire craquer le plus stoïque des hommes. Enfin, je l’ai laissé en compagnie de Christina par la suite pour qu’il continue sur sa lancée passionnée, ou quoique ce soit qu’il cherchait a accomplir.

Notre soirée se conclua en partie autour du feu, en plein centre du camp, en compagnie du bienfaiteur Jodd. Étrange type que cet homme, mais durant sa conversation avec Gaelle, et après mon arrive, il m’éclaira sur quelque chose d’intéressant : le lien fragile de notre expédition. Je dois admettre franchement, je n’ai jamais été ici pour me faire des amis. J’ai besoin de personnes compétentes certes, mais aucun ne peut comprendre la raison exacte qui me pousse à aller plus loin. Renforcer mes liens avec des individus aussi éloignés? Je n’en voyais pas l’intérêt. Mais le pasteur a raison sur un point, si l’on continue à opérer chacun de notre cote, on va finir par se dissoudre et le projet pourrait avoir plus de difficulté à atteindre son objectif primaire.

Autant l’envie ne me sied guère de faire copain-copain avec certains d’entre eux, je dois admettre que mettre l’effort nécessaire pour que leur lien se renforce pourrait être à mon avantage. Peut-être devrais-je par contre faire un léger effort pour voir plus loin concernant les deux nobles de l’expédition? Ça risque d’être plus aise avec Gaelle, mais Christina? Je me demande encore comment je vais devoir procéder. Apparemment, nous sommes peut-être allés à la même école pour ce genre d’interaction. Ça risque d’être fort intéressant et complexe. Quitte à la briser pour qu’elle devienne un peu plus docile…
Ecrit par Taeldrian Erzael

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